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Présentation
Transcription
En 1851, George Sand souhaite publier Mauprat dans un format accessible aux classes populaires, celui des bibliothèques populaires illustrées, vendues « à quatre sous ». Elle s’adresse alors à l’éditeur républicain Pierre-Jules Hetzel, exilé en Belgique après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. La nouvelle édition paraît en 1852, enrichie d’une préface et d’une conclusion inédite. Cette préface replace la genèse du roman dans le parcours personnel de George Sand, tandis que la nouvelle conclusion, probablement rédigée pour atteindre le nombre de pages requis, modifie la structure narrative : le narrateur initial ne reprend pas la parole, mais le récit se clôt par la voix de Bernard lui-même.
Ce dernier, devenu porte-parole de l’autrice, y développe la morale de l’histoire dans un plaidoyer en faveur de l’éducation populaire, perçue comme un levier de progrès intellectuel, social et émotionnel. Il insiste sur une éducation fondée non seulement sur le savoir, mais aussi sur l’attention portée à l’instinct. Le roman se termine par un appel contre la peine de mort, en résonance avec les débats sur son abrogation pour raisons politiques en 1848. Cette nouvelle édition reflète l’engagement politique de George Sand, profondément marquée par les désillusions de 1848, mais toujours animée par la foi en l’éducation du peuple comme levier d’émancipation.
Édition de Felix Bonnaire de 1837
Voilà, je crois, dit le vieux Mauprat, tous les événements de ma vie où Edmée joue un rôle. Le reste ne vaut pas la peine d’être raconté. S’il y a quelque chose de bon et d’utile dans ce récit, profitez-en, jeunes gens. Souhaitez d’avoir un conseiller franc, un ami sévère, et n’aimez pas celui qui vous flatte, mais celui qui vous corrige. Ne croyez pas trop à la phrénologie, car j’ai la bosse du meurtre très développée, et, comme disait Edmée dans ses jours de gaieté mélancolique, on tue de naissance dans notre famille. Ne croyez pas à la fatalité, ou du moins n’exhortez personne à s’y abandonner. Voilà la morale de mon histoire.
Ainsi disant, le vieux Bernard nous donna un bon souper et nous renvoya chez nous en nous remerciant de la complaisance que nous avions mise à l’écouter. Puisses-tu, cher lecteur, ne t’être pas repenti de la tienne !
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Mauprat, éd. Félix Bonnaire, 1837. Bibliothèque de l’Institut de France, Lovenjoul E 2945, p. 406-407.

Mauprat, éd. Félix Bonnaire, 1837. Bibliothèque de l’Institut de France, Lovenjoul E 2945, p. 406-407.
Présentation
Transcription
En 1851, George Sand souhaite publier Mauprat dans un format accessible aux classes populaires, celui des bibliothèques populaires illustrées, vendues « à quatre sous ». Elle s’adresse alors à l’éditeur républicain Pierre-Jules Hetzel, exilé en Belgique après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. La nouvelle édition paraît en 1852, enrichie d’une préface et d’une conclusion inédite. Cette préface replace la genèse du roman dans le parcours personnel de George Sand, tandis que la nouvelle conclusion, probablement rédigée pour atteindre le nombre de pages requis, modifie la structure narrative : le narrateur initial ne reprend pas la parole, mais le récit se clôt par la voix de Bernard lui-même.
Ce dernier, devenu porte-parole de l’autrice, y développe la morale de l’histoire dans un plaidoyer en faveur de l’éducation populaire, perçue comme un levier de progrès intellectuel, social et émotionnel. Il insiste sur une éducation fondée non seulement sur le savoir, mais aussi sur l’attention portée à l’instinct. Le roman se termine par un appel contre la peine de mort, en résonance avec les débats sur son abrogation pour raisons politiques en 1848. Cette nouvelle édition reflète l’engagement politique de George Sand, profondément marquée par les désillusions de 1848, mais toujours animée par la foi en l’éducation du peuple comme levier d’émancipation.
Édition de Pierre-Jules Hetzel de 1852
Voilà, je crois, dit le vieux Mauprat, tous les événements de ma vie où Edmée joue un rôle. Le reste ne vaut pas la peine d’être raconté. S’il y a quelque chose de bon et d’utile dans ce récit, profitez-en, jeunes gens. Souhaitez d’avoir un conseiller franc, un ami sévère ; et aimez non pas celui qui vous flatte, mais celui qui vous corrige. Ne croyez pas trop à la phrénologie ; car j’ai la bosse du meurtre très développée, et, comme disait Edmée dans ses jours de gaieté mélancolique, on tue de naissance dans notre famille. Ne croyez pas à la fatalité, ou du moins n’exhortez personne à s’y abandonner. Voilà la morale de mon histoire.
Ainsi disant, le vieux Bernard nous donna un bon souper et nous parla encore, sans confusion et sans fatigue, pendant une partie de la soirée. Nous l’avions prié de développer un peu plus ce qu’il appelait la moralité de son histoire : il s’éleva alors à des considérations générales dont le bon sens et la netteté nous frappèrent.
— Je vous parlais de la phrénologie, nous dit-il, non pas pour faire la critique d’un système qui a son bon côté en ce qu’il tend à compléter la série d’observations physiologiques qui a pour but la connaissance de l’homme. Je me suis servi du mot phrénologie parce que la seule fatalité à laquelle on croie de nos jours, c’est celle que nos instincts nous créent à nous-mêmes. Je ne pense pas que la phrénologie soit plus fataliste qu’aucun système de ce genre, et Lavater, accusé de fatalisme aussi dans son temps, était l’homme le plus chrétien que l’Évangile ait jamais formé.
Ne croyez à aucune fatalité absolue et nécessaire, mes enfants, et cependant admettez une part d’entraînement dans nos instincts, dans nos facultés, dans les impressions qui ont entouré notre berceau, dans les premiers spectacles qui ont frappé notre enfance ; en un mot, dans tout ce monde extérieur qui a présidé au développement de notre âme. Admettez que nous ne sommes pas toujours absolument libres de choisir entre le bien et le mal, si vous voulez être indulgents pour les coupables, c’est-à-dire justes comme le ciel ; car il y a beaucoup de miséricorde dans les jugements de Dieu, autrement sa justice serait incomplète.
Ce que je vous dis là n’est peut-être pas très orthodoxe ; mais c’est chrétien, je vous en réponds, parce que c’est vrai. L’homme ne naît pas méchant ; il ne naît pas bon non plus, comme l’entend Jean-Jacques Rousseau, le vieux maître de ma chère Edmée. L’homme naît avec plus ou moins de passions, avec plus ou moins de vigueur pour les satisfaire, avec plus ou moins d’aptitude pour en tirer un bon ou un mauvais parti dans la société. Mais l’éducation peut et doit trouver remède à tout ; là est le grand problème à résoudre, c’est de trouver l’éducation qui convient à chaque être en particulier. L’éducation générale et en commun semble nécessaire, s’ensuit-il qu’elle doive être la même pour tous ? Je crois bien que, si l’on m’eût mis au collège à dix ans, j’eusse été sociable de meilleure heure ; mais eût-on su corriger mes violents appétits et m’enseigner à les vaincre comme Edmée l’a fait ? J’en doute. Tout le monde a besoin d’être aimé pour valoir quelque chose ; mais il faut qu’on le soit de différentes manières : celui-ci avec une indulgence infatigable, celui-là avec une sévérité soutenue. En attendant qu’on ait résolu le problème d’une éducation commune à tous, et cependant appropriée à chacun, attachez-vous à vous corriger les uns les autres.
Vous me demandez comment ? Ma réponse sera courte : en vous aimant beaucoup les uns les autres. C’est ainsi que, les mœurs agissant sur les lois, vous en viendrez à supprimer la plus odieuse et la plus impie de toutes, la loi du talion, la peine de mort, qui n’est autre chose que la consécration du principe de la fatalité, puisqu’elle suppose le coupable incorrigible et le ciel implacable.
Tab 3
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Mauprat , éd. Jules Hetzel et Cie, 1852. Bibliothèque de l’Institut de France, Lovenjoul E 2948, p. 360-362.

Mauprat , éd. Jules Hetzel et Cie, 1852. Bibliothèque de l’Institut de France, Lovenjoul E 2948, p. 360-362.

Mauprat , éd. Jules Hetzel et Cie, 1852. Bibliothèque de l’Institut de France, Lovenjoul E 2948, p. 360-362.
Fiche élève
(Texte)
Fiche enseignant(e)
(Activités)

Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) est un éditeur, écrivain et homme politique français, connu pour avoir fondé une maison d’édition qui porte son nom. Il a publié les œuvres de nombreux auteurs majeurs du XIXᵉ siècle, dont Victor Hugo, Balzac et Jules Verne. Défenseur des idées républicaines, il a joué un rôle important dans la diffusion de la littérature engagée et populaire.
Pierre-Jules Hetzel
Atelier Nadar, photographie sur papier albuminé, XIXe siècle.
© Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, FT 4-NA-237 (1)