George Sand, de son vrai nom Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, naît à Paris le 1er juillet 1804. Son père, officier issu d’une famille aristocratique du Berry, meurt accidentellement en 1808. Elle est alors élevée à Nohant par sa grand-mère. Un double héritage – aristocratique par son père, populaire par sa mère – marquera profondément son identité : « je suis la fille d’un patricien et d’une bohémienne », écrira-t-elle plus tard.
En 1822, elle épouse le baron Casimir Dudevant et a deux enfants, Maurice et Solange. Mais leur couple connaît des difficultés : Aurore obtient la séparation de corps en 1836, conserve la garde de ses enfants et la gestion du domaine de Nohant. Ce choix, rare et audacieux pour une femme au XIXᵉ siècle, révèle dès sa jeunesse sa volonté d’indépendance.
Dès 1830, elle rêve de vivre de sa plume à Paris. Elle s’installe avec le jeune écrivain Jules Sandeau et publie d’abord avec lui des articles et un roman commun, Rose et Blanche (1831). Mais c’est seule qu’elle s’impose véritablement : en mai 1832 paraît Indiana, signé pour la première fois du pseudonyme masculin « George Sand ». Ce nom lui assure l’anonymat et l’indépendance nécessaires dans un monde littéraire dominé par les hommes.

© Bibliothèque de l’Institut, Objet Lovenjoul 152, f. 31.
Travailleuse acharnée, elle compose ses romans à une vitesse fulgurante : Elle et lui (1858) est écrit en vingt-cinq jours ! Elle laisse une œuvre immense – près de soixante-dix romans et nouvelles – même si une douzaine seulement sont encore lues avec passion aujourd’hui. Ses écrits explorent différents registres :
- les romans « féminins » (Lélia, Mauprat, Consuelo) ;
- les romans « socialistes » (Le Meunier d’Angibault, Le Péché de Monsieur Antoine) ;
- les romans « champêtres » (La Mare au Diable, François le Champi, La Petite Fadette), qui célèbrent la vie rurale et la nature du Berry.

© Bibliothèque de l’Institut, Ms Lovenjoul E 956, f. 14.
George Sand entretient une correspondance abondante et fréquente les grandes figures de son temps : Hugo, Balzac, Flaubert, Liszt, Delacroix, ou encore Lamartine, et ses amours passionnées avec Alfred de Musset et Frédéric Chopin nourrissent sa légende. Mais elle reste avant tout une intellectuelle engagée : proche du socialisme chrétien, elle défend les ouvriers, les paysans et les opprimés. Pendant la révolution de 1848, elle fonde le journal La Cause du peuple, écrit des éditoriaux pour le Bulletin de la République et met son influence au service de ses amis républicains. Elle refusera cependant de s’engager plus avant en politique, considérant que son rôle était, au-delà de la seule cause des femmes, de lutter pour le peuple dans son ensemble.
Souvent caricaturée pour sa liberté de mœurs et ses choix de vie (elle portait parfois des vêtements masculins et fumait en public), George Sand demeure une figure importante du XIXᵉ siècle : écrivaine, intellectuelle et femme libre, au cœur des débats de son époque.

© Bibliothèque de l’Institut, Ms Lovenjoul E 958, f. 7r.